Tourisme brassicole, Acte I

Ce vendredi 20 octobre se tenaient à Lille les premières Assises du Tourisme brassicole. Une cinquantaine d’experts du monde brassicole, mais aussi des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration… étaient réunis pour poser les bases d’une nouvelle filière touristique.

81 millions d’euros. C’est ce qu’a coûté la Cité du vin, inaugurée le 31 mai 2016 à Bordeaux. 81 millions d’euros pour bâtir ce qui devrait devenir le vaisseau amiral de l’oenotourisme en France. C’est dire le potentiel du secteur, et la foi que placent en lui les pouvoirs publics, principaux financeurs (38% pour la ville de Bordeaux, 10% pour Bordeaux Métropole, 7% pour la région Aquitaine).

Qu’elle semble longue, la route pour que le tourisme brassicole en arrive à ce niveau de notoriété et de reconnaissance ! Et pourtant. De l’avis des experts, les débuts de l’oenotourisme datent des années 2000. 15 ans d’existence, tout au plus, et déjà une place centrale dans le paysage touristique français. Aucune raison pour que le tourisme brassicole ne connaisse pas un succès aussi rapide. Pour peu qu’il se structure.

C’était justement l’objectif de ces premières Assises du Tourisme brassicole, tenues ce vendredi 20 octobre à l’Hôtel de région des Hauts de France. Pendant une journée, une cinquantaine d’experts, parmi lesquels des représentants de brasseries (Jenlain, Météor, Page 24, Castelain, P.V.L, 3 Monts, Moulin d’Ascq, Terre & Tradition, Thiriez, 2 Caps…), des responsables de groupements de brasseurs (Raymond Duyck, Président de Brasseurs des Hauts de France, François Loos, Président de Brasseurs de France notamment) mais aussi de nombreux offices de tourisme, hôteliers, restaurateurs, chambres de commerce, représentants de la région Hauts de France, de la Métropole lilloise ou d’Atout France, ont débattu et échangé sur le potentiel et les problématiques liés au tourisme brassicole.

L’urgence de la mise en place d’un projet collectif

En est ressorti une idée majeure : il est plus que temps de lancer le tourisme brassicole via le développement d’une filière digne de ce nom, la mise en place de bonnes pratiques communes et d’un projet collectif. Evidemment, cette journée n’est qu’une première pierre : les obligations réglementaires liées à l’accueil de public, les outils de communication à mettre en place, la place du digital comme support aux visites… autant de questions évoquées, mais pour l’heure sans réponse.

Autre élément clé : le soutien des pouvoirs publics. Longtemps, la bière charriait dans la tête des décideurs un cortège d’idées sombres aux allures de beuveries. Mais il semblerait que les acteurs du monde brassicole n’aient pas prêché dans le désert la bonne parole d’une bière patrimoniale et de dégustation, puisque de nombreuses déclarations d’intention ont émaillé cette journée. Déjà, la mise à disposition de l’hôtel de région des Hauts de France était un signal fort. Celui-ci a été conforté par la déclaration finale de Michel Delepaul, conseiller Tourisme à la Métropole européenne de Lille (MEL), qui a affirmé vouloir placer la bière en belle place dans la nouvelle stratégie touristique de la MEL.

Evidemment, cette impulsion forte ne sera une première pierre solide que si elle est confirmée par une série de mesures concrètes. Tous les acteurs présents ont promis de se revoir rapidement pour lancer les premières mesures concrètes. Pour que, d’ici 15 ans, une Cité de la bière voie le jour à Lille – ou ailleurs – comme un contrepoint naturel à sa grande sœur bordelaise.

27 octobre 2017

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