Bières de Noël : utile & agréable.

Les bières de Noël sont une tradition aujourd’hui bien ancrée dans le paysage brassicole. Mais que sont-elles vraiment : un bon vieux coup marketing, de véritables recettes originales, des bières millésimées… ? Un peu tout à la fois.

On la connaît si bien que certains lui donnent un diminutif affectif : la Noël. On le sait bien que c’est une bière, alors pourquoi s’encombrer ? Autant l’appeler par ce qui la distingue des autres. Mais justement, à part sa saisonnalité, qu’est-ce qui en fait une bière unique, et d’abord, l’est-elle vraiment ?

En théorie, oui. Sans pouvoir, évidemment, se porter garant de toutes les brasseries de la planète, on peut affirmer que les bières de Noël ne sont pas juste les bières brune ou ambrée brassées le reste de l’année auxquelles on aurait collé une étiquette spécifique. A cela plusieurs raisons.

Des bières de tradition.

La tradition, d’abord. Faire de la bière n’est pas une activité anodine, et chaque brasseur, en empoignant son fourquet – on en tournant le bouton de sa console électrique… – empoigne avec lui des siècles d’histoire à respecter. Les bières de Noël seraient apparues au XVIIème siècle, à une époque où le rythme des saisons était le chef d’orchestre de toute activité humaine. Or, en arrivant en fin d’année, il était temps de vider les greniers. Plusieurs explications à cette nécessité. La première, c’est que les temps de conservation des matières premières n’étaient pas aussi longs qu’aujourd’hui. La deuxième, c’est qu’il fallait faire de la place pour stocker le fruit des récoltes estivales. Avec les « restes » de l’année, on brassait donc une bière spéciale pour les fêtes de fin d’année : la bière de Noël était née.

Traditionnellement, il s’agissait d’une bière riche et forte en alcool, toujours brune ou ambrée. Aussi, ne la destinait-on pas à la vente traditionnelle. La « Noël » était en général réservée aux bons clients, en guise de cadeau de fin d’année. Vous avez dit marketing ?

A l’heure des chambres réfrigérées, du houblon en pellets et des chopes logotées en guise de cadeau d’affaire, la bière de Noël n’a donc plus de raison valable d’exister. Si ce n’est la demande des consommateurs, eux aussi assis sur des siècles d’expérience client, et qui, comme leurs pères et leurs grands-pères avant eux, aiment à déguster une bière spéciale en novembre-décembre.

Un aiguillon à la créativité des brasseurs

Et puis, n’oublions pas le rôle des brasseurs dans cette affaire. Rien ne plaît plus à ceux-ci que de créer et d’inventer de nouvelles recettes. Aussi, seraient-ils bien bête, chaque année, de ne pas sauter sur l’occasion pour s’amuser un peu. D’autant que progressivement, les recettes de bières de Noël se sont enrichies d’épices et autres aromates : coriandre, clous de girofle, écorces d’orange… pour les plus classiques. Mais certains vont plus loin encore dans la créativité avec l’utilisation de purées de fruits, de chocolat, de chicorée, de fleurs d’hibiscus…

De fait, les bières de Noël sont donc souvent des produits haut de gamme et appréciés des consommateurs. La notion de millésime, qui les rend unique chaque année, ne fait que renforcer cette appétence. Bref, la tradition et la créativité au service du marketing et du commerce. Que demande le peuple ?

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